Vue d'Oahu, à Hawaï
Être

Comment je me suis trouvée moi-même lorsque j’habitais à Hawaï

Si vous me suivez depuis un certain temps, ou que vous avez lu mon livre, vous savez que je me suis trouvée moi-même lorsque j’habitais à Hawaï. Cependant, je n’ai jamais vraiment expliqué comment cela s’était produit ni comment j’étais parvenue à ce résultat pour le moins enviable! À l’époque, je venais d’avoir 18 ans et, tout ce que je savais, c’est que ça n’allait pas. Laissez moi donc commencer par mon avant voyage. Promis, je vous parle du pendant et de l’après dans la suite!

Avant mon voyage à Hawaï

Ce n’est plus un secret, jusqu’à ma rhéto (ou terminale pour mes amis français), j’ai toujours rêvé voyager. Dès mon premier article sur ce blog, je vous en ai parlé. Ce rêve s’est amplifié au fil des années. Évidemment, je ne me sentais pas à ma place et, ni en primaire, ni en secondaire, je n’ai vraiment eu des amis. J’avais parfois des copains de classe mais je ne faisais jamais réellement partie d’un cercle d’amis avec qui je pouvais librement échanger sur ce que j’aimais faire, ce que je rêvais de faire et, encore moins, ce que je pouvais ressentir. Bref, à l’époque, je n’avais pas de vrais amis. Et, pendant de longues périodes, parfois entrecoupées de moment de répit, j’étais même complètement isolée.

Je ne vous raconte pas ça pour me plaindre. J’ai appris à faire avec et ça fait partie de ce qui m’a construit et de qui je suis aujourd’hui. Mais il faut bien dire que l’isolement social n’aide pas au fait d’être lié à un endroit géographique. Et donc, mon rêve de voyage grandissait avec moi. J’en avais envie et, en même temps, un petite voie au fond de moi me disait que ce serait l’occasion de faire tomber le masque. Celui que je portais presque constamment en public pour coller à l’image que tout le monde se faisait de moi : la petite fille sage, avec un cerveau et qui reste toujours bien dans les clous.

Avant Hawaï des nuages comme rêves
Ces nuages m’emmenaient voyager loin (pour l’anecdote, ceci est la balade juste à côté de chez mes parents).

Réaliser mon rêve

Et puis, j’ai réalisé mon rêve. Je suis partie une année scolaire : d’abord à Anvers, ensuite à Hawaï. Si vous avez lu mon article sur comment faire d’un rêve un réalité,  vous savez que, pour y arriver, je considère qu’il y a plusieurs étapes et qu’il est plus ou moins facile de passer de l’une à l’autre. Dans ce cas-ci, ça a été beaucoup plus simple que je ne le pensais. Du moins, de mon point de vue.

En effet, il a suffit que je trouve le courage d’évoquer le fait que “faire une seconde rhéto, ça doit être cool!” à mes parents pour que la machine se mette en route. Mes parents ont tout de suite commencé les démarches pour voir les possibilités, comment obtenir un prêt pour ce genre de projet etc. Pourquoi ? Ils ont tout de suite compris l’avantage énorme que procure le voyage, ne serait-ce que en terme de langues. Et ils ont eu raison, en plus de tout le reste, je suis revenue trilingue avec des capacité pour comprendre l’espagnol et l’allemand en prime. Pour une qui n’avait aucune facilité en langue (loin de là), c’était un exploit.

Et pourtant, malgré le fait que je ne peux plus envisager une vie sans parler plusieurs langues, ce n’est rien comparé au fait de se trouver soi-même.

Le début du chemin à Anvers

Les quatre mois que j’ai passé à Anvers ont été prépondérant dans ce chemin pour me trouver moi-même. Ça a été une première étape en douceur pour faire tomber peu à peu mes barrières et découvrir comment je me débrouillais en étant indépendante. Malgré le fait que la plupart des gens pensent que c’était parce que, non seulement je restais en Europe mais, en plus, je ne quittais pas la Belgique, ce n’est pas du tout pour ça.

En effet, peu importe la distance, rester déjà quatre mois sans voir ma famille a été un changement énorme. Je ne suis même pas rentrée le jour de mes 18 ans. L’idée c’était l’immersion et je l’ai appliquée. Et puis, je suis restée dans le même pays mais il y a tout de même pas mal de différences culturelles (et je ne parle même pas de la barrière de la langue) entre la Flandre et la Wallonie. La façon de voir les choses est réellement différente. Il suffit de passer un peu de temps en Belgique pour s’en apercevoir.

Bref, ce changement a été un changement en douceur parce que j’étais dans une famille d’accueil qui est devenu ma seconde famille. Même si je découvrais peu à peu mon indépendance, j’avais tout de même accès à ce petit cocon familial lorsque j’en avais besoin.

Premiers effets

Grâce à cette nouvelle indépendance, j’ai pu faire tomber certaines barrières mais pas toutes. Tout simplement parce que j’étais entourée majoritairement de francophone qui, comme moi, venaient apprendre le néerlandais. J’avais toujours cette impression ténue que je n’étais pas là pour les mêmes raisons qu’eux et, en même temps, qu’ils attendaient quelque chose de moi que je n’étais pas capable de leur donner. Parce que oui, c’est vrai, je n’ai jamais été la fille qui se bourre la gueule à perdre le contrôle et à ne plus se souvenir de ce qu’elle a fait la veille. Et je n’étais pas non plus la fille qui était là pour des vacances d’un an aux frais des parents.

Gare d'Anvers
La gare d’Anvers. J’y ai passé du temps, comme une métaphore pour trouver mon chemin.

Tout le monde n’était évidemment pas comme ça. Je me suis d’ailleurs trouvée, durant cette période, dans un petit groupe d’amis qui correspondait plus à ma façon de voir les choses. Et pourtant, la preuve que le processus n’était pas achevé, nous n’avons pas gardé contact par la suite alors qu’il n’y avait aucune contrainte géographique, de fuseau horaire ou encore de vie totalement différente : après cette année-là, nous somme tous revenus en Belgique pour faire des études.

Anvers a donc été une aventure très enrichissante pour moi : j’ai trouvé une deuxième famille, j’ai commencé l’expérience de l’indépendance, j’ai appris une deuxième langue et j’ai commencé à faire tomber des barrières. Toutes ces étapes ont été nécessaires et j’ai vraiment eu difficile de quitter ma famille là-bas et ma vie là-bas. Mais je savais que quelque chose de complètement fou m’attendait : j’allais de l’autre côté de la planète, en plein milieu de l’océan Pacifique!

Mon voyage à Hawaï

Après mon faux départ (voir mon premier article sur Hawaï), lorsque je suis finalement arrivée sur place, la première chose que je me suis dite en sortant de l’avion c’est “ça sent la chaleur et la mer“. Il faisait nuit et j’étais toujours sur la piste, qui n’était pas à côté de la mer. Et pourtant, dès cet instant, avec cette seule pensée, je me suis rendue compte que c’était réel et que ce serait peut-être mon unique chance de voyage dans ma vie.

Décision

J’ai donc décidé instantanément de vivre ces quatre mois à fond. Et je ne voyais pour ça qu’une seule solution : vivre le moment présent. À chaque instant. Moi la spécialiste du “je me remets en question” et de l’analyse des actions passées, j’ai pris cette décision. Et non seulement ça a changé ma vie sur le long terme, mais, en plus, ça a été étrangement facile. C’est l’un des bienfaits du voyage (je parle de bien d’autres dans mon livre si ça vous intéresse).

Et donc, j’ai vécu mon rêve au présent. Cette phrase est importante. Elle est importante parce qu’il s’agit d’un concept clef pour trouver qui l’on est vraiment. Pour être soi-même, il faut se trouver et s’accepter. S’accepter est impossible si l’on vit dans le passé ou dans le futur. Et, pour se trouver, rien de tel que d’être sur le chemin d’un rêve ou de le vivre. Mais donc, ce rêve éveillé…

Comment m’a-t-il aidée à me trouver ?

Déjà, j’ai été confrontée majoritairement à une nouvelle culture mais, en plus, j’ai évolué dans un milieu multiculturel énorme. En effet, Hawaï, c’est la Polynésie. Cette culture est très riche et a tout de suite fait écho à quelque chose qui sommeillait en moi.

Aloha spirit

Je me suis trouvée en plein milieu de l’Aloha spirit. Cet état d’esprit peut difficilement se traduire en quelques mots et il faut le vivre pour réellement le comprendre mais, pour rester simple, je vais parler de l’aspect accueillant et calme.

Peu importe ce que tu vis, souris. La vie reste belle même lorsque tout semble noir. Et puis, ne t’énerve pas, prends ton temps. Rien ne sert de courir après le temps. S’il y a bien quelque chose contre quoi ça ne sert à rien de se battre, c’est bien une horloge. Profite de la vie.

Moi à Hawaï
Perl Harbor, à la fin de mon séjour sur Oahu. Même dans ce lieu chargé d’histoire, l’Aloha Spirit est présent.

Multiculturalité

Et, comme je l’ai dit, j’étais dans un milieu très multiculturel. À Hawaï, une grande partie de la population vient de différents pays d’Asie, en plus des Américains et de quelques autres pays d’Amérique (majoritairement du Mexique). Et dans mon école, j’étais avec des gens qui venaient de partout dans le monde. Certains ne restaient que quelques semaines, d’autres restaient un an. Mais ce constant mouvement m’a permis de créer des liens très forts avec des personnes venant du monde entier.

Au début, j’étais majoritairement des Japonnais. Tout simplement parce que c’est avec eux que je pouvais m’exprimer avec mes mains vu qu’ils faisaient de même (notre niveau d’anglais à l’époque était proche du néant). Puis, au fil des semaines et des mois, des départs et des arrivées, je me suis retrouvée avec des gens d’Europe (Suisse, Norvège, Danemark, Allemagne, Espagne, Pays-Bas, Suède, Autriche,…), d’Asie (Japon, Vietnam, Chine) et d’Amérique (Canada, Chili, Argentine, Equateur,…).

Effets

Le fait d’être entourée constamment de personnes venant de cultures si diverses ne peut que aider à ouvrir de plus en plus son esprit à de nouvelles possibilités. Et surtout, ça m’a amené à rencontrer des gens avec des personnalités si diverses, que personne n’a d’attente en particulier en te rencontrant. Et vu que personne n’a d’attente, tu peux être toi-même.

Au fil de mes expériences sur place et de mes rencontres, j’ai peu à peu défini ce qui était important pour moi, ce qui l’était moins et les choses dont je me foutais. Tout ça, teinté de l’Aloha spirit sans lequel je n’aurais certainement pas pu être réellement moi non plus. D’ailleurs, même si la majorité de mes expériences en Polynésie ont été faites sur Oahu, vu que c’est là que j’habitais, mes petits voyages sur Maui, Big Island et Kauai ont été tout aussi intéressants dans le processus.

Résumé

En résumé : vivre son rêve au présent, l’amplifier grâce à l’Aloha spirit et saupoudrer le tout de multiculturalité, voilà la recette qui m’a peu à peu permis de me trouver moi-même, de m’accepter et de connaître le bonheur.

Et après ce voyage à Hawaï ?

Le retour a été très difficile. Mais une nouvelle aventure m’attendait : les études universitaires. Tout un parcourt. Je suis donc arrivée à l’université bien imbibée de l’Aloha spirit et de bonheur. Je suis persuadée que c’est parce que je m’étais trouvée moi-même. Toujours est-il que la première personne que j’ai rencontrée en arrivant le premier jour est également devenue ma meilleure amie. (Et, l’air de rien, ça fait tellement longtemps maintenant qu’on ne compte plus les années.) Et puis, très vite, j’ai également rencontré une autre de mes amies proches qui avait, elle aussi, vécu une expérience similaire l’année précédente, en Afrique du Sud.

Gouttes d'eau sur feuilles
Le temps passe mais la nature profonde de chaque chose ne change pas.

La vie

Petit à petit, les semaines ont passé. Puis les mois. Puis les années. J’ai fait d’autres voyages, jamais aussi long ni aussi loin mais beaucoup m’auront appris de nouvelles choses sur moi-même. Après tout, on n’a jamais fini d’apprendre, que ce soi sur nous-même, sur le monde qui nous entoure ou sur les autres.

La vie est faite de telle sorte que certains jours sont plus facile que d’autres, certaines expériences plus joyeuses que d’autres. Parfois on s’éloigne de qui l’on est et, dans ces cas-là, un malaise survient. Voir un véritable mal-être. Mais, lorsqu’on s’est trouvé une fois, on finit toujours par savoir dans quel sens réorienter sa route.

Conséquences

C’est avant tout pour ça qu’Hawaï a cette place particulière dans mon cœur. Oui, c’était mon rêve. Oui, c’était mon premier voyage en dehors de l’Europe. Oui, j’ai appris l’anglais. Oui, je me suis fait des amis qui se trouvent maintenant un peu partout sur le globe. Mais, avant tout, je me suis trouvée. Et ça, ça n’a pas de prix.

Alors, n’oubliez pas : rêvez, voyagez et soyez vous-même!

À bientôt,

Amandine

PS : Avez-vous déjà connu un voyage qui a changé votre vie ?

PPS : Cet article participe à l’évènement inter-blogueurs “comment le fait de vivre dans un autre pays que le sien a-t-il impacté votre vie ?” organisé par Machiko et Laurent du Blog : apprendrelejaponais-decouvrirlejapon

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4 commentaires

  • Dédé

    J’adore cette conclusion : “Mais, lorsqu’on s’est trouvé une fois, on finit toujours par savoir dans quel sens réorienter sa route.”, c’est une soudaine bouffée de positivisme ! Ça me requinque soudain ! 😀

    Comme tu le sais, le voyage qui a changé ma vie est mon année universitaire à Montréal… L’année qui a suivi ton propre retour ! Et dont les expériences et leçons sur soi-mêmes sont semblables aux tiennes ! 😉 ♥

    • Amandine Bertrand

      Cette conclusion vient de mon expérience actuelle. Comme quoi, j’ai commencé ce blog en n’étant pas bien et je remonte vraiment la pente 😀
      Et oui, je ne pourrais pas oublier ton année à Montréal non plus! On s’est suivies de trop près 😉

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