Le long de la côte à Plentzia
Voyage et apprentissage

À la recherche du Pays Basque espagnol

L’Espagne! Oh soleil de début avril, est-il vrai que tu peux être si chaud ? Apparemment, oui, même dans le nord du pays! Bon, il est vrai que je n’y allais pas pour le soleil. J’y suis allée une petite semaine pour rendre visite à MC et Audrey (après Bordeaux, je continue à les suivre à la trace!). Et puis, je dis que je suis allée à Bilbao, pour faire simple. Mais, en réalité, j’étais quelque part plus au nord encore. Où ? Allez, je vous embarque avec moi à la recherche (ou à la découverte ?) du Pays Basque espagnol.

Le voyage

Ce voyage commence avant le départ. En effet, en ce matin du mercredi 5 avril 2017, la tension monte. J’ai décidé que, pour ma première nuit en Espagne, j’allais faire du couchsurfing. Le principe est simple : dormir chez un habitant gratuitement, rien que pour le bonheur de l’échange culturel. Seulement voila, la personne chez qui j’étais censée me retrouver le soir même vient de me prévenir qu’elle ne pourra, finalement, pas m’héberger. Bon. Tant pis. Au pire, si je ne trouve personne d’autre, je trouverai bien une auberge de jeunesse. Mais la déception est à son comble. Je cherche donc. Et c’est finalement 10 minutes avant le départ pour l’aéroport que le miracle survint : un gars me proposa de m’héberger! Super!

Le trajet

Me voici donc partie pour l’aéroport avec mes parents un peu rassuré. Un peu. C’est comme ça que j’atterris, en fin de journée, à Santander. Pourquoi Santander ? Tout simplement parce que c’était largement moins cher… et c’est donc pour ça que j’avais besoin d’un endroit pour dormir la première nuit. Je n’avais pas le temps de faire le trajet plus au nord ce soir-là. Seulement voila: mon hôte n’habite pas vraiment Santander. Il habite un petit village, perdu au milieu de nulle part, dans la campagne, un peu plus dans les terres. Pas grave, il m’a expliqué que je devais prendre un train bien précis et qu’il m’attendrait à la gare du village. Mais pour ça, il faut trouver la gare de départ du train à partir de l’aéroport.

Comme toute bonne touriste, j’ai donc demandé à l’aéroport la direction à prendre. C’est parti! Sauf qu’au bout d’un moment, je commence à douter. Ca fait quand même longtemps que je marche, non ? J’essaie donc de demander mon chemin aux gens. Évidemment, personne ne parle ni anglais ni français (et, bizarrement, je n’essaie même pas le néerlandais). Imaginez : moi, seule, un sac à dos, une petite valise à roulette, en train d’essayer de me faire comprendre en espagnol. Quand on n’a jamais eu de notions et que le seul mot qu’on sait dire est gracias, je vous laisse imaginer la panade. Mais, étrangement, de personne en personne, je finis par arriver dans la bonne gare, sur le bon quai… Mais pas dans le bon train! C’est une fille avec qui je parlais (ne me demandez pas dans quelle langue et comment on a commencé à parler, je n’en ai plus la moindre idée! Mais elle était vraiment sympa!) qui m’a indiqué à quelle gare sortir pour attendre le suivant.

Place de Lierganes
Place de Lierganes, ce charmant village perdu au milieu de nulle part

Première étape

Bon, cette fois, je crois que c’est bon. Me voila donc en route pour retrouver un inconnu, de nuit, dans une gare perdue au milieu de nulle part, dans un pays dont je ne connais pas la langue. Qui a dit que je n’aimais pas les aventures ? Bref, j’y suis… Je suis donc perdue au milieu de nulle part, je ne le vois pas, il n’y a personne et je n’arrive pas à le contacter. Je me demande deux secondes ce que je fais mais, avant que j’aie pris une décision, le voila qui arrive. Un expat’ anglais qui a grandit dans le nord de la Belgique. Le monde est petit. Super sympa, il commence par me faire visiter le village en me racontant son histoire et les anecdotes. L’histoire des villages aussi peut être riche! Puis direction chez lui. Chez nous, ce serait l’heure de dormir. Chez eux, c’est l’heure de manger… Et, franchement, je me rappelle encore du goût du plat qu’il m’a fait. Un vrai régal! Pour le remercier, c’est moi qui paie les bières lorsqu’on va au bar après. Je lui dois bien ça!

Finalement, on parlera une grande partie de la nuit. Le lendemain, je le vois à peine: il me laisse chez lui sans se poser de question alors qu’il part travailler. La seule consigne : claque bien la porte en sortant. Ca va, c’est dans mes cordes! Je fais juste la vaisselle avant de partir puis… il est temps de visiter un peu le village de jour et ses alentours! Je ne suis pas encore en Pays Basque mais le charme du village tout comme la beauté des paysages ne me laissent pas indifférente. Lierganes, son cours d’eau et son iglesia de San Pantaleon ne se laisseront pas oublier de si tôt!

Iglesia de San Pantaleon
La fin du chemin menant à l’iglesia de San Pantaleon

Suite du trajet

C’est bien beau tout ça, mais j’allais du côté de Bilbao moi! C’est donc reparti pour prendre le train. Enfin, si on peut appeler ça un train. Il m’a fait l’effet d’un tram longue distance (avec la lenteur qui va avec). Le trajet est donc long… et en même temps, il passe vite. Me voila en train de parler avec un vieux monsieur qui fait le même trajet que moi, l’étape à Lierganes en moins. Il m’explique qu’il revient du sud où il a été voir ses enfants. Et vous savez le plus drôle ? Il m’a parlé tout du long en espagnol. En répétant plus lentement et un peu différemment lorsqu’il voyait que je ne comprenais vraiment rien de ce qu’il me disait. Je pense que mon apprentissage des langues s’est accéléré d’un seul coup!

C’est comme ça que j’arrive à Bilbao. Mais je ne suis pas encore arrivée! Maintenant, direction Plentzia, où étudient mes amies. Évidemment, j’ai pris le mauvais ticket de métro/tram. Lorsque je veux sortir, la barrière ne s’ouvre pas. Voyant mon embarra, les gardes/contrôleurs m’ouvrent. Ils sont à la fois amusés et désespérés lorsque je demande combien je dois. Ils me font donc comprendre que je peux partir. S’il y a une chose que je dois retenir de tout ce trajet, c’est bien que les espagnols ne parlent qu’une seule et unique langue: l’espagnol!

Plage de Plentzia
Plage de Plentzia (avec un espagnol qui a froid)

L’arrivée

Enfin! Plentzia! Ma première impression est bonne… Et c’est le bonheur lorsque je me retrouve face à la mer (j’aurais dû grandir). C’est là, en fin d’après-midi, que je rejoins MC et Audrey qui finissent leurs cours. Je n’ai donc pas tout-à-fait fini mon périple vu qu’elles habitent à Gorliz mais vu que l’une de leurs amies nous ramène en voiture, on peut dire c’est bon.

Sur place

C’est donc le vrai début de mon voyage là-bas! Je vous rassure, il y a eu moins de péripéties sur le reste du voyage. Le vendredi après-midi, avec MC, on s’est fait une longue promenade le long de la côte. Elle était magnifique! Le Fortín de Askorriaga, perdu eu milieu de nulle part, m’a bien amusée. Mais cette mer et ce ciel bleus étaient un délice pour les yeux comme un repos pour le mental. (Par contre, le corps trinquait pour suivre le sentier jusque Fao je dois dire.) Et puis, être avec sa meilleure amie, seules, au milieu d’un tel paysage, ça n’a pas de prix!

Vue le long de la côte
Vue le long de la côte entre Plentzia et Fao (avec MC qui en profite)

Le lendemain, j’ai l’impression qu’elles avaient cours au matin. Étant donné que c’était un samedi, je n’en suis plus certaine. Toujours est-il que je me suis retrouvée à visiter seule Plentzia. J’ai déniché un musée ouvert à tous bien sympathique et j’ai atterri sur une place pendant un spectacle de danses traditionnelles en costumes d’époque. C’était vraiment une chouette ambiance! L’après-midi, avec MC, nous sommes allées à Bilbao. J’ai donc visité un peu la ville avec ses bâtiments anciens et ses fontaines partout. Et puis, il y a du moderne. Comme le musée Guggenheim par exemple. Une œuvre d’art à lui tout seul.

Qu’a-t-on fait le dimanche ? Très certainement la sieste et un tour à la plage. Le reste de la journée est perdue dans mes souvenirs malheureusement. Et le lundi, il est temps de se redire au revoir. Elles vont en cours, je retourne à Santander. Je visite un peu la ville (qui ne me laisse pas grande impression, puis il est déjà l’heure de retourner à l’aéroport.

Moi
Bon, le deal pour que je fasse apparaître ma meilleure amie était de me mettre aussi… Me voici donc, un peu plus loin sur la côte, avant que je ne commence à faire n’importe quoi la-dessus 😀

Il n’y a pas à dire, 5 jours, ça passe vite!

Ce que ça m’a apporté

Couchsurfing

Ma première expérience de couchsurfing! Et quelle expérience! Une véritable aventure pour trouver un hôte et arriver dans son village mais tellement enrichissante! Dédé, si tu passes par là, merci de m’en avoir parlé et merci de me l’avoir recommandé. Même si c’est certainement encore plus enrichissant lorsque l’hôte est un local, un expat’ avec presque une vie d’expat’ aux quatre coins de la planète, ce n’est pas rien non plus!

Langues

Dire que, lorsque je suis partie pour Anvers, je ne parlais que le français. Et qu’il m’a fallu si longtemps pour commencer à dire une phrase entière plus ou moins compréhensible lorsque j’étais à Hawaï. Et là, je débarque en Espagne, et je cause avec des inconnus dans le train! Bon. OK. Je ne parlais pas. J’arrivais de temps en temps à trouver un mot correct en espagnol grâce au français, ce qui me permettait de me faire comprendre. Mais le fait que j’ai compris le monsieur à côté de moi dans ce train, pendant plus de deux heures de trajet, ça m’a fait rêver. Est-ce parce que, maintenant que je suis trilingue, c’est plus facile de comprendre une nouvelle langue ? Ou bien est-ce parce qu’il s’agit d’une langue latine ? Peut-être que c’est plutôt parce que je suis souvent restée avec des gens parlant espagnol à Hawaï ? En tout cas, je retiens : je suis capable de comprendre, en gros, quand on me parle en espagnol. Et ça, c’est cool!

La mer

Ce n’est que lorsque je la vois que je comprends à quel point elle m’a manqué! Après tout, ça faisait déjà deux ans que je ne l’avais plus vue. La fois précédente remontait à 2015, en Irlande. Et, cette fois, j’avais en prime le soleil et la chaleur. Que du bonheur!

La nourriture

Un pintxos y una caña por favor! Oui, j’ai appris une phrase. Et, franchement, ces tortillas, ces tapas basques et leurs bières, ça valait la peine!

Remarque

Certaines aventures marquent. Pour preuve ? La seule chose qu’il me restait de ce voyage, ce sont mes photos. Je n’ai retrouvé aucune note écrite, alors qu’il est extrêmement rare pour moi de ne rien noter lorsque je voyage. Et pourtant. Aujourd’hui, ça fait tout pile 3 ans que je suis revenue de voyage et je pense que ce compte rendu est assez complet. Je ne vous ai même pas donné tous les détails dont je me souviens à propos de ce voyage vers Bilbao. Ni de la vie à Gorliz d’ailleurs.

Et n’oubliez pas : rêvez, voyagez et soyez vous-même!

À bientôt,

Amandine

PS : Que pensez-vous du couchsurfing ?

Partager :
  •  
  •  
  • 12
  •  
  •  
    12
    Partages
  •  
  •  
  • 12
  •  

4 commentaires

  • Carine

    Bonjour !
    Le Nord de l’Espagne est effectivement magnifique. Le pays Basque, mais aussi les provinces plus à l’Ouest ont chacune leur charme, leur identité. J’ai un très bon souvenir de ma dernière escapade dans le coin 🙂

    • Amandine Bertrand

      Bonjour Carine!
      Avec mes deux voyages en Catalogne et au Pays Basque, c’est vrai que je peux aussi dire que l’atmosphère est différente entre l’Est et l’Ouest. Du coup, où es-tu allée ? Y a-t-il une province que tu me recommanderais particulièrement ?
      Merci pour ton commentaire en tout cas 🙂

  • Dédé

    FACE À LA MER / FACE CONTRE TERRE
    (hum hum, je me suis laissée emportée moi aussi^^)

    Et sinon : Yeeaaaah, couchsurfing !!
    C’est vrai que c’est parfois un véritable périple pour retrouver les gens… ça fait tout à fait partie de l’expérience je trouve ! Et également cette soudaine réalisation que l’on a parfois, que tu décris bien : « Mais p*tain je suis seule au milieu de nulle part, prête à dormir chez des inconnus… » mais qui n’empêche pas d’avancer vers l’aventure 😉
    J’ai aussi eu des expériences comme ça, où le mec était complètement « ah oui tiens, je pars avant toi, claque juste la porte en sortant », ou même « voici mon adresse, je serai encore au boulot mais la porte de derrière est toujours ouverte ! » Okkkkaaaayyyyyyy
    Mais c’est toujours une expérience différente : parfois tu rencontres des locaux qui sont trop motivés pour te faire découvrir leur culture, d’autres fois ils s’en foutent et assument que tu squattes leur canap’ en mode hôtel… En tout cas plein de bons souvenirs pour voyager différemment, proche des gens ! Ça me manque un peu tiens… ça fait bien des années que je n’en ai pas fait ! :O

    Mon côté linguiste a tiqué en lisant cette phrase « S’il y a une chose que je dois retenir de tout ce trajet, c’est bien que les espagnols ne parlent qu’une seule et unique langue: l’espagnol! » car en réalité il y a plein de langues parlées régionalement en Espagne, dont le basque justement^^
    Mais je comprends ce que tu veux dire, c’est un peu comme en France avec l’anglais : personne n’ose le parler donc on a l’impression qu’on est des quiches en langue étrangères 😉

    • Amandine Bertrand

      Aha c’est vrai que chaque voyage et chaque rencontre sont différents! Et c’est tout ce qui fait la beauté de l’expérience.

      J’avoue, la phrase n’est pas bien pensée… Surtout qu’une fois arrivée à destination, j’ai appris des mots en basques et pas en espagnol! Mais tant que l’idée passe, j’espère que la linguiste que tu es me pardonneras 😀

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

​Rendre sa vie plus belle grâce au voyage | ​Si vous le voulez, ​mon livre est à vous!