Vue d'un lac en Suisse
Voyage et apprentissage

La route suisse de l’amitié

Je ne suis pas partie longtemps en Suisse : un long week-end. J’ai démarré le jeudi 6 juillet au soir et je suis revenue le lundi 10 au matin. Et pourtant, que de souvenirs et que d’expériences! Je vais essayer d’être succincte mais je ne vous garantis rien. (Et, à la relecture, j’ai lamentablement échoué! J’espère que vous ne m’en voudrez pas trop!)

Mais d’abord, pourquoi aller un long week-end en Suisse ? Parce que, cette année-là, en 2017, ça faisait déjà 5 ans que nous étions rentrés d’Hawaï, moi et tous les amis que je me suis fait là-bas. L’un d’eux, Adrian, a proposé de faire une réunion chez lui, à Lucerne. Malheureusement, ça ne s’est pas passé comme ça. La période n’arrangeait pas grand monde et ça a été annulé. Sauf que j’avais déjà mes billets d’avion. C’était donc l’occasion d’aller visiter un peu ce pays.

Le voyage

L’avion

Mon avion était déjà prévu tard, pour que je puisse travailler avant de partir. Étant donné que je devais atterrir à l’aéroport de Bâle-Mulhouse-Fribourg (je vous laisse imaginer sa taille), j’ai retenté l’aventure du couchsurfing. Cette fois, c’est un homme de Mulhouse qui a proposé de m’héberger et je m’étais dit que je pouvais bien faire le petit détour en France.

Seulement voila, le voyage ne commence pas une fois que l’avion a atterri : il commence avant. Et il se trouve que mon avion a eu pas mal de retard, plus d’une heure si mes souvenirs sont bons. Je préviens donc mon hôte avant de monter à bord. Là, je commence à papoter avec les deux femmes à côté de moi. Elles reviennent de quelques jours dans le nord du pays. Dans la conversation, elles me demandent ce que je vais faire. Lorsque je leur dis que je ne sais pas encore où je vais dormir la nuit du 8 au 9, l’une d’elles me propose de dormir chez elle. Elle note son numéro de téléphone sur le sac en papier qui contenait son en-cas et on se sépare joyeusement à l’atterrissage.

Mulhouse

Bon, je ne suis pas arrivée. Direction la navette qui fait le trajet de l’aéroport jusqu’à Saint-Louis. Là, j’ai la chance d’attraper le dernier bus vers Mulhouse, avec d’autres jeunes rencontrés à l’arrêt de la navette à l’aéroport, et c’est seulement vers une heure du matin, assez mal à l’aise d’arriver si tard, que j’arrive chez mon hôte. Heureusement, il m’avait bien expliqué le chemin (très facile et rapide depuis la gare). Très sympa, on parle un peu avant qu’il n’ait se coucher et que je prenne possession du canapé (bien confortable d’ailleurs). Bien qu’on soit en France, on sent qu’il a souvent voyagé en Asie. J’ai presque l’impression d’y être à la façon dont il a aménagé son appartement.

Des bulles de savon, Zürich
Je vous assure que je ne cours pas d’un pays à l’autre comme ça… Enfin, peut-être. (Zürich)

Le lendemain, il me propose un super bon petit-déjeuner. Il a le temps : ce jour-là, il va travailler dans le train qui l’emmènera pour son week-end de l’autre côté de la France. Les événements photos sont toujours intéressants! Malheureusement pour moi, je dois vite partir. J’ai réservé un car qui fait directement le trajet de Mulhouse à Zürich. Le car est, évidemment, en retard mais ça me permet de rencontrer une espagnole avec qui je papoterai tout le reste du trajet.

Zürich

Enfin, la Suisse! Et il est très facile de savoir lorsqu’on passe la frontière : on contrôle nos ID/passeports. La sensation est étrange. C’est la première fois que je suis contrôlée autre part que dans un aéroport. Et puis, finalement, Zürich! J’ai à peu près la journée devant moi pour visiter la ville et je ne m’en prive pas! Je me balade longuement le long de l’eau. Je m’éloigne aussi de l’agitation et de la circulation pour m’enfoncer dans le vieux quartiers avec ses petites ruelles. Ou peut-être devrais-je dire m’élever plutôt que m’enfoncer : ça grimpe et, sous le soleil, avec mon sac à dos, j’ai bien chaud! Une autre constatation m’apparaît alors : la cathédrale de Zürich, avec sa forme bien particulière, se voit d’un peu partout.

Après avoir bien flâné du côté du port, je suis repartie, sur l’autre rive par rapport à l’aller, le long de l’eau. L’endroit me détend. Je me sens bien en vacances. Pour finir la journée, j’attends dans le joli parc à côté de la gare. Qu’est-ce que j’attends ? Ou plutôt qui! Parce que, c’est vrai, la réunion des anciens d’Oahu ne s’est pas faite. Mais ce n’est pas pour autant que tous les Suisses ne savaient pas se libérer! C’est ainsi que, en fin de journée, je revois, pour la première fois en 5 ans, Julia et Adrian qui étaient tous deux partis avec moi à la fois sur Big Island et sur Kauai.

Vue sur la cathédrale de Zürich
L’eau, la cathédrale, les bâtiments… Ce que je retiens de Zürich!

Le retrouvailles sont joyeuses, la sensation, un peu étrange. Cinq ans se sont écoulés et, pourtant, rien n’a changé! On a pas mal de choses à se raconter et à redécouvrir les uns sur les autres. Nos échanges ont été quasi nuls sur cette période et, la plupart de ce qu’il reste, c’est cette amitié inébranlable. Ce que nous avons vécu là-bas était trop unique et intense pour qu’il en soit autrement. C’est ainsi que Julia, arrivée plus tôt, m’emmène boire un verre avant qu’on ne retrouve Adrian pour aller manger. Ce qui est drôle, c’est que c’est la première fois qu’ils se revoient, eux aussi. Je n’ai rien à dire, je n’ai pas gardé plus de contact avec les trois autres belges que j’ai rencontré de l’autre côté de la planète.

St. Gallen

La soirée file, il est temps de rentrer. Julia a proposé de m’héberger pour la nuit, je la suis donc à la gare. On sort de la ville en train pour rejoindre le parking où elle a laissé sa voiture. C’est ainsi que je passe une nuit du côté de St. Gallen. Je n’en verrai pas grand chose, juste le stéréotype des maisons suisses perdues au milieu d’étendues vertes mais ça me donne envie d’en découvrir plus. Le lendemain matin, je rencontre la famille de Julia. J’ai droit à un petit-déjeuner de roi. Mais il est temps que je retourne à la gare. Julia a un tournoi (de volley si je me rappelle bien) ce week-end-là et ne peut donc plus attendre plus longtemps.

Maisons à St Gallen
Vue depuis chez Julia

Sur la route

Je laisse donc Julia derrière moi, sans savoir quand (ni si) je la reverrai mais ce fut une vraie joie de la revoir. À nouveau, direction Zürich où Adrian m’attend à la gare. Je monte dans sa voiture et c’est parti pour tout un tour! On reste presque toute la journée sur la route et il me fait découvrir énormément de paysages à couper le souffle. Il veut tout me montrer. Il a toujours été très fier de son pays et cet amour est communicatif. Milieu de journée, on mange quelque part dans des montagnes, près d’un lac. La vue est à couper le souffle. Et c’est sans compter les milles anecdotes que peut raconter Adrian.

Lac en Suisse
Alors, ça ne donne pas envie d’en voir plus ?

Luzern

Pour finir la journée, retour dans sa ville : Luzern. J’en entends parler depuis le premier jour où je l’ai rencontré à Hawaï. Le temps s’assombrit, des gouttes commencent à tomber mais le bonheur de mon ami à me montrer la ville de son cœur n’est pas prêt de retomber. Les nombreuses façades peintes et décorées m’impressionnent. Le Kapellbrücke, le mythique pont de bois, est très beau mais beaucoup trop rempli de touristes et on ne s’approche pas beaucoup. On monte aussi vers les remparts. Il connaît l’histoire de sa ville sur le bout des doigts. Si je devais faire le même type de visite à Liège, je me retrouverais bien pauvre en anecdotes à côté!

La journée arrive à son terme et, avec, le moment où Adrian doit partir. Sa copine commence à s’impatienter : ils vont manger chez des amis ce soir-là. On se dit donc au revoir au moment où le temps commence réellement à se gâter. Je décide d’aller prendre un chocolat chaud et j’appelle Lissy, l’une des femmes rencontrées dans l’avion, pour savoir si son offre tient toujours. C’est le cas! Un peu plus d’une heure plus tard, elle me dit qu’elle est à la gare. Lorsque je reçois le message, ça doit déjà faire un moment qu’elle m’attend : j’ai pas mal de soucis de réseau à Lucerne. Les montagnes peut-être ?

Pont de Lucerne
Vous remarquerez les drapeaux, un peu partout

Je le rejoins donc, m’excuse pour le temps d’attente qu’elle balaie d’un revers de la main. Elle m’emmène donc chez elle, en voiture. Je me retrouve donc perdue au milieu de la montagne, dans un tout petit village qui doit tenir en deux rues. On passe la soirée à papoter sur sa terrasse, en regardant la montagne. Au loin, on entend des cloches. Les vaches suisses correspondent donc bien au stéréotype, même si je ne les vois pas. Lissy me raconte ses divers voyages et c’est des rêves plein la tête que je m’endors sur son canapé.

Montagne près de Lucerne
La vue de la terrasse de Lissy… Pas de vache!

Basel

Le lendemain, elle se réveille plus tard que moi, ce qui me laisse tout le temps pour profiter de la vue. Finalement, elle me redépose à la gare de Lucerne où je prends le train vers Bâle. J’ai le temps de visiter la ville donc j’en profite pour me balader un peu au hasard.

Dans beaucoup d’endroit, je me retrouve seule, ce qui est assez reposant mais surprenant. Après tout, il s’agit d’une ville assez importante et on est en juillet. Mais peut-être est-ce aussi parce que c’est un dimanche. Je découvre donc tranquillement les petites rues, la vieille porte, la cathédrale, divers monuments et, évidemment, le long de l’eau. Je me souviens m’être installée sur un banc un long moment à observer l’écoulement de l’eau et, de temps en temps, les gens se baignant dedans et se laissant emporter par le courant.

Le long de l'eau à Bâle
Un dimanche à Bâle

Le retour

Et puis, finalement, la fin de la journée. Il me reste donc une nuit à passer en Suisse. Mais, étant donné l’heure de départ de mon avion (il décolle à 6h35) et mon budget, je décide de faire comme en Corse : je passerai la nuit à l’aéroport. L’expérience se révèle totalement différente : l’aéroport étant immense, plusieurs personnes ont pris la même décision que moi mais on est très éloigné les uns des autres. Assez régulièrement, il y a des annonces dans les hauts-parleurs. Il y fait froid, à la fois physiquement et métaphoriquement. Je ne me repose pas beaucoup. Enfin, quand les magasins commencent à ouvrir, je vais m’acheter un petit-déjeuner de fortune. Les chaises sont bien plus confortables que les bancs que j’ai explorés pendant la nuit.

Qu’importe, j’ai passé un week-end mémorable.

Ce que ça m’a apporté

L’amitié n’a pas de frontière ni de limite de temps

L’amitié, la vraie, n’est pas impactée ni par la distance, ni par le temps de séparation, ni par la langue, ni par la culture. La première fois que j’ai expérimenté cette vérité, j’étais à Hawaï. Elle s’est rappelée avec force en revoyant Julia et Adrian après 5 ans. Techniquement, ils n’avaient pas le temps. Mais, sachant que je venais, ils l’ont trouvé et on s’est retrouvé de la même façon que l’on s’était quitté 5 ans auparavant. Un vrai bonheur.

À l’heure où j’écris ces lignes, presque 3 ans se sont écoulé. Et pourtant, lorsque j’y repense, je ressens toujours la même joie, comme si je venais de le vivre ou qu’il s’agissait toujours de mon présent. Cette expérience m’a donc confirmé une chose : grâce à mon expérience à Hawaï, même si l’on n’a pas particulièrement gardé contact autre que le statut “d’amis facebook”, je peux vous assurer que j’ai des amis aux quatre coins de la planète. Et ça, ça n’a pas de pris.

Un aperçu de la Suisse

La Suisse est un pays très particulier. Les paysages sont magnifiques. Les villes sont vertes. La nature est partout. Les gens sont accueillants et sympathiques même s’il faut que ça rentre dans leur emploi du temps… Et il y a des drapeaux absolument partout. Et quand je dis partout, c’est réellement partout. Je me rappelle en avoir vu un immense, peint sur un rocher extrêmement haut perché, perdu au milieu de la nature, pendant mon tour à travers le pays avec Adrian. Si les maisons avec leurs toits bien particuliers, leurs revêtements, les montagnes, les lacs et les vaches peuvent vous laisser oublier, je ne sais pas comment, que vous êtes en Suisse, ça vous le sera rappelé par les drapeaux, c’est certain!

Drapeaux à Zürich
Une rue qui n’avait rien de particulier, à Zürich

Et en ce qui concerne les prix réputés cher… Honnêtement, je n’ai presque rien payé. Je n’ai rien payé en terme de logement et, lorsque j’étais avec Adrian et Julia, ils ont catégoriquement refusé que je paie quoi que ce soit, me disant qu’eux avaient le salaire qui allait avec les prix!

Bref, tout ce que je peux vraiment en dire, c’est que le train est exorbitant. Mais ça, c’est par rapport à mes normes belges. Après tout, on peut aller n’importe où en Belgique pour 5€ lorsqu’on a moins de 26 ans et pour moins de 8€  à partir de cet âge fatidique. (Franchement, moi et l’âge, je n’en ai rien à faire. Mais lorsque j’ai commencé à payer plus cher le train, je l’ai senti passer.) Je sais que je pense souvent que les prix en France sont aussi trop élevé pour le train… Du coup, je ne sais pas à quel point les trains sont réellement cher en Suisse.

L’allemand

Ici, même constatation qu’avec l’espagnol lorsque j’ai été du côté de Bilbao : je comprends, en gros, de quoi les gens parlent lorsqu’ils parlent allemand. Du moins, le suisse-allemand. Est-ce parce que j’avais déjà souvent entendu parler mes amis entre eux lorsque j’étais à Hawaï ou parce qu’il s’agit d’une langue très proche du néerlandais ?

À nouveau, il s’agit là d’un mystère pour moi. Mais cette propension à comprendre des langues inconnues me laisse perplexe tout comme émerveillée. Et je me rappelle, à chaque fois, de la galère qu’était la mienne en secondaire pour mes cours de langues. J’étais tellement contente lorsque j’avais la moyenne… Comme quoi, les langues, ce n’est pas sur les bancs de l’école qu’on les apprend!

Couchsurfing, épisode 2!

Deuxième expérience de couchsurfing, largement moins à l’arrache que la première! Très différente, à la fois à cause de la personnalité de mon hôte, de la langue et du contexte mais tout aussi intéressante et enrichissante. J’aime vraiment beaucoup ce principe!

Les rencontres éphémères de voyage

Chaque voyage en est peuplé. Mais ce voyage-ci a été particulièrement riche en rencontres, surtout qu’elles ont commencé dans l’avion!

Ces deux femmes étaient toutes les deux prêtes à m’héberger et c’est chez Lissy que je suis allée tout simplement parce que c’était elle qui était la plus proche par rapport à l’endroit où je comptais dormir. Peut-être était-ce parce qu’elles étaient des Allemandes expatriées ? Ou bien était-ce dû à leur habitude de voyager aux quatre coins du globe ? Ce fut une rencontre brève mais marquante!

Puis, les jeunes avec qui j’ai voyagé jusque Mulhouse et, évidemment, mon hôte là-bas. Et l’Espagnole rencontrée durant le trajet jusqu’à Zürich. Toutes ces rencontres font de ces expériences de voyage des moments uniques et plein de sens.

Bref, n’oubliez pas : rêvez, voyagez et soyez vous-même!

À bientôt,

Amandine

PS : Avez-vous déjà rencontré des gens sur la route qui vous ont proposé de vous héberger ?

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4 commentaires

  • Christophe SIMOND

    Salut Amandine,
    Bravo pour cet article qui m’a ému et que j’ai trouvé très bien réalisé. Cela m’a donné envie de lire tous les autres articles que tu as écrit. Continue comme cela à faire rêver tes visiteurs. Merci pour ce moment de joie que m’a apporter cette lecture en cette période difficile.

  • Dédé

    “L’amitié, la vraie, n’est pas impactée ni par la distance, ni par le temps de séparation, ni par la langue, ni par la culture.”
    Oh que oui ! j’en fais l’expérience à chaque fois que je pars en chantier international, surtout quand j’ai la chance de revoir des amis étrangers plusieurs mois après ! Je trouve que ce genre d’amitié, qui nait dans des moment si particuliers sans les repères habituels, a une force que d’autres non pas. Ce n’est pas qu’elles sont meilleures mais plutôt, “intensément” différentes… bref, il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet ! xD

    Quand je faisais du couchsurfing aux US, à San Francisco on avait été logées chez une jeune femme très très sympa, habitait une grande maison. En même temps que nous elle logeait pour quelques jours un mec qui venait de San Diego : quelques semaines plus tard, on décide de faire un “détour” par San Diego car on sait qu’il pourra nous héberger à son tour ! C’est plutôt chouette comme moment d’improvisation.
    Oh, il y a eu ce moment d’impro totale quand, perdue dans une forêt de l’Oregon, un ranger a accepté de nous héberger à 23h au milieu de nulle part….
    Oh, et à New York quand…
    Oh boy, ma traversée des US a été mouvementée^^

    • Amandine Bertrand

      “Intensément différentes”, c’est exactement ça!
      Je me rappelais du ranger en Oregon mais pas du détour à San Diego… Ce qui me fait penser, une fois de plus, qu’il sera temps que je me refasse un vrai long voyage. Le dernier remonte à bien trop longtemps.

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