Anvers de nuit
Voyage et apprentissage

Le début du chemin : 4 mois à Anvers

Anvers. Pourquoi donc avoir mis une ville belge dans mes voyages ? D’abord parce que visiter un endroit inconnu, même à dix minutes de chez soi, ça reste voyager. Ensuite, parce que j’y ai vécu quatre mois. Puis surtout, j’y ai vécu sans mes parents. Et c’est là que j’ai eu 18 ans.

En quatre mois, j’ai eu le temps de vivre plein de nouvelles expériences. Je suppose que beaucoup ne comprendront pas. Beaucoup de personnes restent bloquées sur le fait que je n’ai pas changé de pays. Mais ce séjour m’a aidée à enclencher le processus de découverte de qui je suis. La vie là-bas m’a également apporté une deuxième famille. Et j’ai appris à parler une autre langue. Moi qui avais toutes les peines du monde à obtenir la moyenne en secondaire! Anvers et les 18 semaines que j’y ai passées ont donc une place spéciale dans mon cœur.

Avant de commencer à parler de ce voyage et de ce qu’il m’a apporté, je tiens d’abord à remercier, une fois de plus, mes parents. Sans eux, sans leurs démarches, sans leurs sacrifices, cette année scolaire (à Anvers et Hawaï) n’aurait pas été possible.

Le voyage

Autant dire que je ne vais faire qu’effleurer la surface dans cet article. Je reviendrai peut-être, plus tard, plus en détail sur certaines parties, certaines expériences. Aujourd’hui, je vais rester sur une vue globale de ces quatre mois.

Les débuts

Nous sommes au début d’une nouvelle année scolaire. Elle aurait pu se passer comme toutes les autres mais ce ne sera pas le cas. Je viens de finir mes années en secondaire et, pourtant, je ne vais pas commencer tout de suite mes études supérieures. Cette année scolaire, je pars. Je vais apprendre le néerlandais et l’anglais. En un an. Moi qui ne sais même pas me présenter en anglais et qui sait difficilement dire où j’habite en néerlandais. C’est donc un challenge à plusieurs niveaux. C’est aussi une année avec de grands changements.

Anvers au bord de l'eau
Anvers. Le bord de l’eau n’est jamais très loin et, pour moi, c’est toujours le début d’un chemin.

L’arrivée

Ainsi, le 3 septembre 2011, j’arrive dans ma famille d’accueil à Anvers. Enfin, plutôt Kapellen, un peu plus au nord de la ville. Mes parents ont fait le trajet et il est temps de leur dire au revoir. Sensation étrange autant que bizarre. Je sais qu’il s’écoulera plusieurs mois avant que je ne les revoie mais je ne réalise pas vraiment.

Je me rappelle de mon état lorsqu’ils sont partis et que je me suis retrouvée obligée à essayer de comprendre le néerlandais au milieu d’inconnus. Un mélange de peur et d’appréhension mais également de joie et d’excitation. Quel sentiment dominait ? Aucune idée.

Les premiers jours

Les premiers jours sont à la fois faciles et difficiles. Faciles car je me sens presque tout de suite intégrée dans la famille. Ma petite sœur d’accueil est particulièrement enchantée et mes parents d’accueil me couvent presque comme à la maison. À l’école, les profs sont hyper cool et j’apprends à connaître de nouveaux camarades de classe qui se sont embarqués dans la même aventure que moi.

Mais c’est aussi difficile. Je suis extrêmement fatiguée. Je sens que mon cerveau turbine sans arrêt : essayer de comprendre ce qu’on me dit, essayer d’exprimer ce que je veux dire et découvrir de nouvelles choses presque à chaque instant. L’air de rien, je dois également m’habituer à la vie à la ville. Ca n’a rien à voir avec ma petite campagne.

La vie

Et puis les semaines passent. Je découvre petit à petit Anvers et Kapellen. J’ai mon anniversaire. Ca y est, j’ai 18 ans. Je ne sais toujours pas ce que ça change, mais il parait que c’est un âge important! Je découvre des parcs, des places, des rues, des statues. Certaines personnes de l’école partent, d’autres arrivent mais la plupart restent. Je vais au bowling, au cinéma, à la salle d’escalade. Je vais un jour à Amsterdam. Je me déguise à Halloween, je vais à Bobbejaanland. J’apprends la légende de Brabo mais aussi à faire du gâteau au chocolat au micro-onde et des crêpes. Je visite la chocolaterie, je sors en boite. Je vais au théâtre, au marché de Noël, dans la maison de Rubens, au MAS.

Marché de Noël à Anvers
Marché de Noël à Anvers

Je me rappelle particulièrement d’un spectacle que j’avais été voir avec deux amies et la sous-directrice de l’école (oui, petite école où tout le monde fait tout avec tout le monde, c’était trop bien!) au Sportpaleis d’Anvers : Night of the Proms. Il s’agissait d’une rencontre entre la musique classique, la musique pop et la musique électro. La prestation de Seal m’avait également impressionnée.

Le départ

Finalement, arrive le nouvel an puis le bal de gala et enfin la remise des diplômes. Si on m’avait dit que 18 semaines pouvaient passer si vite, je ne l’aurais pas cru. Et, en même temps, j’ai le sentiment que j’ai toujours vécu là. Je suis chez moi là-bas. Et, croyez-le ou non, je n’avais aucune envie d’en partir! A part un week-end mi-novembre, je ne suis pas rentrée chez mes parents. Ca m’a permis de vivre cette expérience à fond!

Mais tout à une fin. Je rentre donc chez mes parents pour un mois… avant une nouvelle aventure, de l’autre côté de la planète cette fois!

Ce que ça m’a apporté

Une deuxième famille

On dit toujours qu’une famille, on n’en a qu’une. C’est vrai et il faut en profiter! Mais, parfois, il se peut que certaines personnes deviennent tellement proches qu’on les considère comme des membres de sa famille. C’est ce qu’il s’est passé avec ma famille d’accueil. Partir de chez eux a été comme partir de chez moi en laissant des personnes que j’aime derrière.

Mais, comme une famille, on peut rester éloigner longtemps, on sait pourtant qu’on pourra toujours compter sur eux et qu’ils pourront compter sur nous. On ne se voit pas souvent et, pourtant, on se retrouve toujours avec plaisir et on retrouve nos habitudes, comme si rien n’avait changé. Et, il n’y a pas à dire : avoir une famille c’est bien, avoir deux familles, c’est encore mieux!

Une nouvelle langue

Incroyable mais vrai! Moi qui n’osais même pas dire une phrase en néerlandais sans hésiter à chaque mot à la fin de mes secondaires, voila que je suis une vraie pipelette. Bon, mon néerlandais n’était pas parfait. Mais avoir le CNaVT a été pour moi une vraie victoire. Et puis, j’étais capable de comprendre n’importe qui dans n’importe quel contexte, de lui répondre et de me faire comprendre. C’était tout ce que je demandais! Et cette fluidité est encore venue assez vite. Rien de tel que l’immersion pour apprendre une langue!

De l’indépendance

Quand je suis arrivée à Anvers, j’avais 17 ans. J’en suis repartie à 18 mais, il faut le dire, à cet âge là j’étais plutôt dans la moyenne des enfants chouchoutés par leur parent : capable de se débrouiller s’il le faut mais pourquoi faire l’effort ? Suite à ce voyage, sans m’en rendre vraiment compte, j’avais grandi. Après tout, si j’avais besoin de quelque chose, je n’hésitais pas à demander aux personnes qui pouvaient m’aider.

Et, grâce à ça, j’étais parée pour la suite de mon année scolaire.

Un début de…

Une début de quoi ? Un début de réponse. Un début de libération. Un début d’acceptation. Un premier début de pas vers ce qui allait m’aider pour le reste de ma vie. Mais le chemin a réellement commencé à mon voyage suivant. Je vous laisse donc la surprise pour la semaine prochaine!

N’oubliez pas de voyager.

À bientôt,

Amandine

PS : Êtes-vous déjà parti plusieurs mois ? Voudriez-vous le (re)faire ? Dites-moi ça en commentaire!

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Un commentaire

  • Dédé

    En lisant ceci je me rends compte à quel point je suis fière d’avoir pu visiter Anvers avec toi, même des années après ton long séjour là-bas !
    Et évidemment, je plussoie le coup de la deuxième famille, sentiment qui est souvent facilité (ou même qui nait) de situations de voyages intenses…

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