Triompher des difficultés

Lâchez votre téléphone

Avez-vous l’impression de tout avoir et, en même temps, une impression de vide grandissant ?  Comme si tout ce qui vous entourait n’avait plus de sens. Oui. Je sais. Cette phrase d’introduction n’a pas l’air connectée au titre. Et pourtant… Dites-moi, quand est-ce la dernière fois que vous avez oublié votre téléphone ? La dernière fois que vous l’avez coupé ? Que s’est-il passé ? Qu’avez-vous ressenti ? Était-ce un moment important ? Ou qui avait du sens ? S’il vous plaît, lâchez votre téléphone!

Oh! Attendez deux secondes ! Vous lisez cet article dessus ? Alors… Non, en fait. Tant pis. Enregistrez le lien, ça peut vous intéresser, revenez sur votre ordinateur quand ça sera le moment, mais lâchez votre téléphone.

Pourquoi lâcher son téléphone ?

Oh boy! Depuis le début de mes années secondaires (ou collège si vous préférez), je trouve aberrant le fait de passer plus de temps sur cet appareil plutôt qu’avec les gens qui nous entoure. Bien sûr, à l’époque, ce n’était que le début. Il n’y avait pas internet dessus. J’étais tellement fière d’avoir l’infrarouge sur mon premier GSM (autre appellation du téléphone portable en Belgique). J’étais à la pointe de la technologie! Vous imaginez un peu ? On était capable de s’échanger des sons rien qu’en mettant nos téléphones l’un à côté de l’autre! Incroyable!

Évidemment, à l’heure actuelle, ça prête à rire. Et pourtant. Déjà là, les premiers signes étaient visibles. Les premiers effets néfastes de cette technologie si pratique!

Pour être honnête, je ne comptais pas du tout écrire un article là-dessus aujourd’hui. Je comptais écrire un article sur le fait de se laisser du temps pour l’imprévu. Mais comment avoir ce temps si nous sommes constamment accaparé par nos téléphones ?  Oui, c’est pratique. Oui, ça a des avantages. Mais ce sont des outils qui devraient servir un but, pas des prolongations de notre bras ou de notre cerveau sans lequel nous sommes perdu.

Nous sommes devenus dépendants de nos téléphones et, en plus, ils nous empêchent de vivre pleinement le présent, de profiter des personnes qui comptent, des choses qui comptent.

Pourquoi est-ce que ça m’énerve ?

Oui, ça m’énerve. Sinon, je n’aurais certainement pas fait d’article sur le sujet. Quand j’étais ado, ça m’énervait essentiellement parce que je me sentais d’autant plus isolée face à ce mur de téléphones qui me faisaient face. Ca m’énervait d’avoir cette pseudo-obligation du “je t’ai envoyé un message et tu as mis cinq minutes pour me répondre! C’est beaucoup trop long!”.

La technologie avançant, tout cet aspect ne s’est évidemment pas amélioré. Mais ce qui m’a particulièrement énervée cette semaine, c’est que j’ai réalisé à quel point cet objet avait un impact sur ma santé mentale.

J’ai un job lié à l’informatique. J’ai donc cette pré-supposition de devoir toujours être contactable. Mais pourquoi ? Ne puis-je donc pas déconnecter moi aussi ? Ne peut-on pas vivre le moment que l’on partage avec ses proches sans être constamment rappelé par une autre personne (qu’on adore peut-être) mais qui n’est pas là à ce moment-là ?

Depuis toujours, je freine des quatre fers sur cette idée. Et, bien sûr, ça énerve particulièrement certaines personnes quand elles se rendent compte que je peux ne pas répondre pendant plusieurs jours simplement parce que je ne me suis pas connectée à tel ou tel réseau social. Mais est-ce mal pour autant ?

Pourtant, comme tout le monde, mon téléphone n’est jamais bien loin. Au début, j’avais l’excuse du “au cas où il y a un pépin”. Mais, franchement, ai-je réellement besoin d’avoir mon téléphone dans la même pièce que moi ? Même une heure ? Ou dix minutes ? Come on! C’est une addiction.

Notre téléphone a cette capacité incroyable à envoyer des pics de dopamine à notre cerveau dès que l’on reçoit un message. “Oh! On pense à moi! Trop bien!” Ah ce plaisir court terme, ce qu’on peut l’aimer! Mais… “Merde, ça fait une demi heure que je suis dessus! J’aurais pu écrire à la place.”

Ca m’énerve parce que, malgré ma façon d’avoir retiré toute notification qui n’est pas liée à mon numéro (c’est-à-dire, la fonctionnalité de base du téléphone), dès que je le prends, toutes les possibilités devant moi sont incommensurables. Et je m’y perds. Je ME perds. Particulièrement quand ça ne va pas. Comme une droguée en recherche de sa dose de dopamine. Alors que la meilleure solution serait de faire tout, sauf de me plonger à corps perdu dans les limbes de ce téléphone.

Retrouver sa volonté

Je sais que je ne suis pas la plus mal lotie avec ce téléphone. Je le lâche plutôt facilement. Dès que je suis avec quelqu’un, il est soit au fond de mon sac, soit hors de vue. Le son est presque constamment coupé et je ne supporte plus le bruit du vibreur depuis des années. Du coup, autant dire que ça va. Mais, quand je ne vais pas bien et que je suis seule, ça me demande une volonté de fer que de ne pas passer du temps dessus. Perdre mon temps dessus.

Mais bonne nouvelle! Dès qu’il y a un inconvénient à une situation, il y a un avantage! L’avantage de cette addiction ? Entraîner notre volonté!

Selon votre addiction (ne le niez pas : la dernière fois que vous l’avez regardé, ça se compte en seconde ou en minute ?), vous pouvez entraîner votre volonté un peu différemment. Si vous faites partie des grands addicts, lâcher son téléphone cinq minutes peut déjà être un challenge. Si vous le faites régulièrement, ces cinq minutes seront de plus en plus confortables. Vous pourrez donc passer à 10, puis 15, 30 minutes, une heure,… un jour, un week-end.

Quel serait le bénéfice ? Déjà, défaire un peu une addiction. Ensuite, améliorer sa volonté. Enfin, retrouver goût à la vie réelle.

Et ça, ça n’a pas de prix.

Et n’oubliez pas : rêvez, voyagez et soyez vous-même!

À bientôt,

Amandine

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4 commentaires

  • Jean BERTRAND

    Une jeune qui parle de la sorte, waouw, je n’en reviens pas!!!

    Je n’ai jamais été un adepte de cet “engin”, qui à mes yeux fait bien plus de mal que de bien, sans compter quand il est branché éternellement sur les “réseaux sociaux” ou soit-disant “par obligation sur le “travail”. Car il faut savoir que dans le RGPT (règlement du travail), les employeurs sont condamnés à de lourdes amendes au Tribunal du Travail quand ils obligent leur personnel à être contactable 24/24h – 7/7j, car c’est assimilé à du “HARCELEMENT”!

    Ton article est tout simplement “génial” et démontre effectivement que le “portable” est une véritable ADDICTION qu’il faut combattre à tout prix!!!

    Etant adepte de la même pratique qu’AMANDINE, je peux vous certifier qu’être “déconnecté” au moins une fois par semaine pendant “1 heure, 1 jour, le week-end”, cela fait un bien fou et une sensation de véritable “liberté retrouvée”!!! Vraiment, adhérez et vous ne le regretterez pas!!!

    • Amandine Bertrand

      Merci pour ton commentaire. Je tiens tout de même à rebondir sur l’un des points que tu abordes : je ne pense pas que le “portable” doit être “combattu à tout prix”. C’est un outil extrêmement pratique lorsqu’il est bien utilisé. Le point ici était plutôt de se prémunir contre son côté addictif, au même titre que le sucre 🙂

  • Christophe

    Salut Amandine,
    De nouveau un article qui me parle beaucoup. Satané téléphone, c’est vraiment une addiction, au début j’avais installé un jeu pour m’occuper dans la salle d’attente d’un dentiste (comme tout les medecins, jamais à l’heure), ensuite on devient addict, j’arrivais même à jouer au travail, lorsque j’attendais qu’un collègue me réponde ou que l’installation que j’étais un train de faire termine. Puis un jour un grand chef passe derrière moi, et me voie sur mon téléphone, Je ne vais pas raconter la suite, mais en gros j’ai pris une telle leçon que j’ai décidé de soigner mon addiction.
    Mais je le fait à ta façon petit pas par petit pas…
    Merci pour cette article.
    Bonne Journée
    Christophe

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